Par Labrador Av. le dimanche 20 janvier 2008, 22:00
Un week end... pour quoi faire ?
Pour que les chefs se connaissent mieux, bien sûr ! Alors, qui vient ? Ont répondu présent :
– Sophie, cheftaine Kpis
– Manu, chef Kpis
– moi, chef Scouts/Guides
– Noël, chef Louveteaux/Jeannettes
– Matthieu, chef Louveteaux/Jeannettes
– Guillaume, chef de groupe
– Valérie, trésorière du groupe
– Danièle, chargée de com' du groupe (et maman de Manu et Noël)
Les autres n'ont malheureusement pas pu venir, mais on s'est promis de bien penser à eux. Sophie, Manu et moi nous sommes proposés pour organiser ce week end, et pour organiser nous avons organisé ! Du grandiose, dans le Jura, avec plein de choses passionnantes que vous découvrirez dans ce billet.
En voiture !
On se retrouve à 14h à Palaiseau, chez les Ribier (NDLR : Danièle, Manu et Noël), pour charger la voiture. Tout rentre dans l'Espace ou dans le coffre sur le toit, et c'est parti pour aller faire les courses. Dans ce premier convoi, il y a Sophie, Noël, Danièle, Valérie et moi. Danièle nous a préparé des feuilles de route, « Votre mission, si vous l'acceptez, sera de remplir dans un temps record le caddie » accompagnée d'un plan du supermarché et d'un morceau de liste de courses. On débarque chez Leclerc, on attrape tout ce qu'il faut, maudit une peseuse de fruits et légumes, et on reprend la route. Cette fois, nous sommes prêts, plus rien ne peut nous arrêter... sauf des bouchons. De fait, nous avons les premiers bouchons à la sortie de Paris (il n'est pourtant que 15h30), puis un camion a perdu des sacs de ciment ce qui nous vaut de nouveaux bouchons. Qu'importe, nous faisons différents jeux dans la voiture qui nous font paraître le temps moins long. Notamment une partie de "Quarts de singe" (le principe est que chacun dit une lettre jusqu'à ce que ça n'ait plus de sens, et le dernier se prend un quart de singe, et à un singe on est éliminé,; mais bien sûr on peut bluffer). Dans cette partie, est soulevée une question : est-ce qu'on écrit "gyrophare" ou "girophare" ? Personne n'a de dico sous la main... À force de persévérance nous finissons par arriver dans les montagnes.
Jura, nous voilà !
Nous découvrons le gîte que Sophie nous a trouvé, et nous ne sommes pas déçus : c'est une ancienne école, changée en gîte en gestion libre, avec des dortoirs (« Trop bien ! Y a des polochons, on va pouvoir se faire une bataille ! »), plusieurs douches, plusieurs WC, une grande cuisine bien équipée, une grande salle à manger et ... nous sommes tous seuls ! Après le tour du propriétaire, après avoir déchargé la voiture, il est temps de ... manger !
Y aura jamais assez à manger !
Ca, c'est le cri du ventre. De mon ventre. Et mon ventre a les yeux plus gros que le ventre. Après avoir débattu âprement, je dois me résoudre à abandonner la partie et accepter qu'il n'y ait "que" 320 g de lardons (au lieu des 480 g achetés plus tôt dans la journée) dans les pâtes carbo (nous sommes cinq). De même, je dois accepter qu'il n'y ait que 100 g de spaghetti par personne. Et finalement, ça suffit comme je peux en faire le constat. Quelque chose me dit que ces lardons vont me suivre. Pour bien clore ce repas, nous prenons une tisane au cours de laquelle est remise sur le tapis la question du g(y/i)rophare. Et un pari est fait : si Danièle (girophare) gagne, c'est une tablette de chocolat à la menthe (ou à l'orange), si c'est moi (gyrophare), c'est une tablette de chocolat noir aux noisettes.

Dodo !
Évidemment, les yeux commencent à se fermer et personne ne se sent le courage d'attendre l'arrivée de Manu, Matthieu et Guillaume. Nous (re)découvrons le confort du sac de couchage... Mais je ne retrouve pas pour autant le sommeil, pas tout de suite, en tout cas, et j'entends une voiture qui arrive. Il est minuit passé de peu et les trois numéros manquants sont arrivés, je leur fais faire un rapide tour du bâtiment et nous montons nous coucher. Leur arrivée ne passe évidemment pas inaperçue avec ... la porte du dortoir qui grince horriblement. Enfin, cette fois-ci, tout le monde reçoit la visite du marchand de sable.
Debout tout l'monde... euh... elle est où la neige ?
Quand on ouvre les yeux le samedi matin, c'est pour se rendre compte qu'il n'y a pas de neige autour du gîte. Pour l'igloo faudra repasser. Mais surtout, la question qui se pose est : aurons-nous de la neige pour skier aujourd'hui ? Il faut dire que la propriétaire du gîte nous avait annoncé qu'on pouvait skier à partir du gîte (quasiment) mais entre-temps est passé une semaine d'un temps très doux pour la saison. Déjà, certains commencent à regarder les cartes pour voir comment monter plus haut dans la montagne, et en allant chercher le pain Manu et moi nous faisons dire qu'il est possible de trouver de la neige en allant vers Mouthe. On prépare donc les affaires pour partir, sans rien oublier. Allez, on y croit !
Bon, ben y a pas d'neige...
« ... C'est pas vrai ! c'est pas vrai ! c'est pas vrai !!! » Ca, c'est ce qu'on appelle un saut de vérité ! Arrivés à Mouthe, Danièle et Sophie sont allée à l'office du tourisme se renseigner, et elles nous reviennent dépitées pour nous annoncer qu'il n'y a pas de neige. Là, Sophie qui ne peut plus se retenir se met à sauter sur place (d'où le « saut de vérité ») en criant : « ... C'est pas vrai ! c'est pas vrai ! c'est pas vrai !!! » Donc, il y a de la neige, pas loin d'ici, et nous reprenons la voiture après avoir acheté la raclette (pour le soir) dans une fromagerie du coin.
Vous êtes prêts ? Partez !

Arrivé au Pré Poncet, nous louons les skis de fond, achetons le forfait journée, et on attaque une boucle de 7,5 km. Facile pour ceux qui en ont déjà fait, un peu plus dur pour Valérie, Sophie et Matthieu qui découvrent ça pour la première fois. Forcément, ça ne réagit pas comme les skis alpins, et à la première descente, les premières chutes (il faut dire que cette descente se terminait par un virage). « Pourquoi ça freine pas ?! » Chaque chute est prise en photo, il faut bien immortaliser le moment, même si ça en annonce d'autres. Petit à petit, les débutants apprennent à maîtriser leurs planches, et tout le groupe avance, au travers d'un cadre idéal, une forêt qui abrite le calme de l'hiver et le silence de la neige. Noël s'amuse à nous lancer des boules de neige (il nous rate 4 fois sur 5), Sophie s'amuse à tomber dans la neige pour faire comme Valérie (à moins que ce soit l'inverse), Danièle enlève des couches de vêtements jusqu'à n'être plus qu'en T-shirt, ... Mais l'appétit commence à venir.
On mange quoi ?
C'est là que les choses se corsent un peu. Car le menu est :
– soupe en thermos, là, ça va encore ;
– braconnes (si vous ne savez pas ce que c'est, je vous invite à lire un billet de début décembre) et là ça se complique, car qui dit braconnes dit braises, et le bois est trempé ;
– bananes au chocolat (là encore, à la braise).
On s'attelle donc à allumer un feu : on creuse la neige jusqu'à la terre, afin de faire notre feu sur quelque chose de solide, puis on pose un papier d'alu pour isoler le feu du sol détrempé. Dessus, on bâtit un feu en économisant le papier journal, des fois qu'on doive recommencer plusieurs fois. Certains sont vraiment sceptiques quant à la réussite du projet, sans compter que les patates crues, ben c'est pas bon (pareil pour les oignons et la chair à saucisse). Mais on ne perd pas courage, et on allume ce feu. D'accord, ça aura pris un peu de temps, pendant lequel d'autres auront eu le temps de faire deux fois une boucle de 3 km, mais finalement on arrive à avoir un beau feu avec plein de braises. Le tout, avec une allumette et deux feuilles de papier journal. Je ne suis pas peu fier d'avoir participé à ce projet. Pendant ce temps, Valérie et Sophie ont procédé à l'assemblage des braconnes et on met tout ça au feu, en patientant avec de la soupe. Miam ! Finalement, tout le monde a sa braconne et tout le monde se régale. Ce sera pareil avec les bananes au chocolat. Puis Valérie sort un paquet de chamallows, ultime gourmandise, et le paquet y passe (dire que j'ai participé à le vider serait un euphémisme, hum...). Pleins de calories, nous repartons.

La nuit va bientôt tomber, il est temps de rentrer
Nous continuons à faire du ski jusqu'à ce que la nuit s'annonce, et, fatigués mais contents, nous rendons les skis et rentrons au gîte. Nous faisons bien sûr une étape dans une fromagerie (la même que le matin) et chacun achète ses provisions de fromage : comté, bleu de Gex, tomme du Jura, morbier, ... Je pense que mon sac n'est pas loin d'être le plus lourd (comment ça, j'aime le fromage ?!). Arrivés au gîte, nous prenons une boisson chaude. Comme nous avons déjeuné bien tard, nous décidons de faire un jeu (prévu initialement pour la veillée) avant de s'attaquer à la raclette.
Qui est qui ?

Le jeu, très largement inspiré de l'émission « Qui est qui » (un jeu télévisé diffusé quotidiennement de 1996 à 2002, animé par Marie-Ange Nardi). Pour cela, chacun a préparé trois questions et une épreuve sur le thème d'une de ses passions/de son métier. Le but est de trouver les passions des autres au travers des questions et épreuves. Personnellement, après avoir essayé de me faire croire que j'étais un résolveur de rubik's cube ou un jongleur, ils ont trouvé grâce à l'épreuve (faire un cube avec 6 feuilles de papier) que j'étais un amateur d'origami. Les autres étaient :
– Manu : créateur de chansons sur la base de chansons préexistantes (épreuve : créer une chanson sur le thème du week end dans le Jura avec pour base une chanson du Diapason) ;
– Noël : résolveur de rubik's cub (épreuve : résoudre un rubik's cube, logique) ;
- Matthieu : fan de Queen (épreuve : chanter "sous la douche" une chanson de Queen) ;
– Sophie : jonglerie (épreuve : jongler avec trois balles, celle qu'on m'a fait essayer et j'ai été minable) ;
– Danièle : collectionner des timbres (épreuve : dessiner la Semeuse — une énigme avant ça était énoncée pour savoir qui dessiner — ) ;
– Valérie : jardinage (épreuve : dire pour chaque nom de variété sur une liste donnée s'il s'agit d'une pomme, d'une poire ou d'une pêche) ;
– Guillaume : transport sur rails (épreuve : résoudre les tours de Hanoï — petit malentendu, sans importance du reste — ).


Le jeu a été l'occasion d'avoir de franches rigolades, et également de mieux se connaître, ce qui était l'objectif du week end. Tout ça nous a amenés à une heure qui méritait une raclette...
Mange ta soupe et va au lit...

Nous passons donc à table pour manger une raclette dont il ne restera... qu'une demi pomme de terre ! C'est dire si les quantités ont été bien prévues (merci Danièle), à moins que ce soient les personnes présentes à table qui avaient un appétit féroce. Après ce bon repas et en prenant la tisane, Manu nous lit un texte, un slam de Grand Corps Malade, "Rencontres" qui raconte des rencontres telles que l'innocence, le sport, l'amour, la nostalgie, la détresse, ... Là-dessus, nous méditons puis chacun reçoit cinq bouts de papiers et sur chacun d'eux écrit une rencontre qu'il a faite et qui l'a marqué. Puis nous allons nous coucher dans le dortoir, et quand chacun est dans son lit, nous faisons tourner un saladier avec tous les mots, et chacun sort un mot, le lit, et celui ou celle qui l'a écrit explique cette rencontre. C'est un moment fort de partage, où se mêlent l'amitié, la famille, le scoutisme, l'optimisme, la solidarité, ... et la connerie, la mort, la déception, la lâcheté, ... C'est rompus mais heureux de ce temps de partage que nous nous endormons à une heure tardive.
Allez, allez, on se lève !
Après une nuit trop courte, les portables se mettent à sonner, des musiques plus ou moins agréables à l'oreille. Tout le monde émerge et se retrouve au petit-déjeuner. Déjà, on commence à ranger les affaires et entamer le nettoyage pour libérer le gîte, puis on prend la direction de Champagnole pour aller à la messe.
Oh ! Vous aussi vous êtes scout ?
Rien à signaler sur la messe en elle-même, mais à la sortie, chacun rencontre quelqu'un qui est scout ou l'a été, et c'est l'occasion de discuter un moment sous ce soleil d'hiver. Le temps est magnifique et on prend le soleil quelques instants. Déjà on repart pour finir de ranger le gîte, en faisant un arrêt rapide pour admirer le paysage.
Retour aux sources

Après un déjeuner rapide et les derniers rangements, on rend la clé et on part faire une dernière balade avant de rentrer sur Paris. Les sources de l'Ain sont indiquées sur un panneau et on suit les indications. La balade débute par une cascade, le Sault du Moulin. Danièle tente de nous apprendre à différencier sapin et épicéa (on apprendra par la suite qu'il y avait une erreur : elle avait inversé les deux). Finalement, rien ne vaut les moyens mnémotechniques : "le charme d'Adam c'est d'être à poil" (les feuilles du charme ont des dents, tandis que celles du hêtre ont du duvet (des "poils") sur l'envers). Et on continue à marcher, jusqu'à arriver à la source de l'Ain : une résurgence déjà assez large au pied d'une falaise. L'eau est d'un beau bleu mais en ce mois de janvier on hésite à faire trempette. De toute façon, il est déjà temps de faire demi-tour si on ne veut pas arriver trop tard à Paris.
SMS : Short Message Service
Sur le chemin du retour, nous mettons à profit nos abonnements mobiles, plus particulièrement les SMS. Le nouveau jeu que nous avons imaginé : une voiture choisit une citation dans une chanson du Diapason Rouge Tome 2 (chaque voiture en a un exemplaire) et l'envoie à l'autre voiture par texto. Cette dernière, quand elle a trouvé la chanson d'où provient la citation, envoie le titre et une autre citation, et ainsi de suite. Également, dans chaque voiture on s'amuse à décerner un prix pour les quatre de l'autre voiture. Arrivés à l'aire de repos pour pique-niquer, nous échangeons sur les prix décernés. Danièle est le "crabe des neiges", Valérie est la "veilleuse de nuit", Sophie a le prix du "saut de vérité", Guillaume celui du "déraillage réussi", Manu est le "troubadour", Noël a le prix de "l'aiguille d'or", Matthieu celui du "chanteur sous la douche" et moi je suis le "Johnny" (pour avoir réussi à "allumer le feu"). Finalement, on arrive à Palaiseau, chacun rentre chez lui, c'était un super week end ! (et alors que j'étais dans le RER pour rentre sur Paris, j'ai reçu un SMS de Danièle, pour me dire que j'avais gagné une tablette de chocolat noir aux noisettes)