Chevaliers, cette ferme sera notre étape pour la nuit...

En ce premier week end de décembre, nous avons décidé de camper à la ferme du Rhodon, du côté de Saint-Rémy-lès-Chevreuse (ceux qui suivent auront remarqué que nous avons déjà été de ce côté-là, normal c'est un coin vert de l'Île de France et sur la ligne du RER B, comme Palaiseau-Villebon). En arrivant sur le lieu du week end, un grand champ et une forêt, nous rencontrons d'autres scouts — une patrouille de Guides d'Europe et deux de Scouts Unitaires de France — qui seront nos voisins le temps d'une nuit. La propriétaire a tout prévu, chacun a son emplacement dans une forêt assez vaste pour que nous ne soyons pas les uns sur les autres. Nous commençons donc par installer le campement, avec les menus inconvénients qu'on connaît au montage des tentes : sardines qui manquent, tendeurs arrachés, faîtière incomplète, ... Tant bien que mal nous parvenons quand même à dresser un camp qui ressemble à quelque chose, grâce au génie scout (et à l'aptitude spéciale "Système D").

Menu : repas trappeur, ou comment faire quand les chefs ont oublié les gamelles

La solution : le papier d'alu ! (en fait c'est une blague, les chefs n'ont pas oublié les gamelles, mais quel plaisir de faire son repas à la braise). Il est temps de préparer le repas du soir, et chacun s'affaire à démarrer le feu (ou du moins essayer) ou préparer les braconnes, les dispensés s'occupant de préparer un bout de veillée (l'autre moitié étant préparée par les chefs). Oui, j'y viens, une braconne, c'est quoi ? Une braconne, ce sont des dés de pomme de terre, de la chair à saucisse, du fromage râpé, des rondelles d'oignon, du poivre, du sel, éventuellement de l'ail et/ou du carré frais, le tout dans du papier d'alu et mis à la braise. Le nom vient de la forêt de la Braconne (près d'Angoulême) où cette recette aurait été inventée. Pendant qu'on parle, le feu ne prend toujours pas... Entre temps, il y a même une guide d'Europe qui est venue prêter main forte à nos scouts qui ont franchement du mal. D'ailleurs, avec ou sans elle, ils n'arrivent pas à le faire prendre, ce feu. C'est le moment de me souvenir comment j'ai démarré un feu sous une pluie battante alors que j'étais louveteau, il est vrai qu'après les jours de pluie qui ont précédé notre week end, le bois est assez humide. Après avoir aimablement congédié la guide d'Europe, je prends le feu en main (enfin, pas trop non plus, pas envie de me brûler) avec Olivier pendant que Clémence continue avec d'autres à faire l'assemblage des braconnes. Finalement, nous parvenons à faire prendre ce feu et à produire suffisamment de braises pour les braconnes, avec 90 minutes de retard dans le timing. Tout va bien. Mais au moins, chacun se régale avec le dîner qui a su se faire attendre. Globalement, les braconnes sont bien cuites, mais ça n'a malheureusement pas été mon cas : patates et oignons presque crus, ça va que j'avais faim... Une chance, les bananes au chocolat (un classique scout : on fend la banane sans l'éplucher dans la longueur, on glisse une barre de chocolat, on emballe dans du papier d'alu et on passe à la braise) ont rattrapé tout ça.

Ca va être bon ! (braconnes en préparation)

Bonsoir, gentes demoiselles, messires, ... euh, c'est moi ou il pleut ?

Vous l'avez compris, la veillée est à l'eau. Déjà retardés par la préparation du repas, nous allions commencer la veillée à 22h, déjà écourtée de la partie préparée par les jeunes. Étant donnée l'heure, nous pensions faire seulement le lancement de l'imaginaire : Olivier devenait Perceval le chevalier (Lancelot prêtant à des blagues inadaptées à la saison), Clémence était Blanche la demoiselle du Château, et moi-même Gwenaël le saltimbanque. Nous avions pour mission de ... euh, attendez, là, vous ne croyez tout de même pas que je vais vous raconter ce que nous n'avons pas eu le temps de faire ?! Ce sera pour une prochaine fois. Donc, après nous être costumés, nous avons vu la pluie commencer à tomber. Ca a donc mis fin à la veillée qui n'avait pas commencé, chaque équipage étant envoyé dans sa tente.

Un beau feu

Debout les gars (et les filles) réveillez-vous, il va falloir en mettre un coup...

... et le temps que le lait chauffe, à vous les coaches ! Ceux-ci ont prévu un dérouillage : on commence par un petit échauffement, classique. Ensuite, on fait un saute-mouton... sur une pente, en montant bien sûr ! En arrivant au bout du parcours, tout le monde est bien réveillé, bien réchauffé, ce qui tombe bien puisque qu'il continue à tomber des gouttes par-ci par-là. Puis nous passons au petit déjeuner, avec le lait chauffé au feu de bois, pas au buta (je précise, parce que bien que pour des scouts ça semble naturel de tout faire au feu de bois, l'expérience m'a montré que le réchaud était souvent sorti au petit déjeuner). Le temps de manger, de ranger, faire un jeu, il est temps de partir pour la messe. Un kilomètre sous la pluie, il suffit de chanter pour oublier que ça mouille...

Et on lève le camp !

Enfin, bien sûr, de retour de la messe et mouillés, nous mangeons. Ca tombe bien (en fait, il tombe surtout beaucoup d'eau !) nous avons prévu un pique-nique, chaque équipage part donc se réfugier dans sa tente pour partager les provisions que nous leur avons distribuées, pour éviter d'être plus mouillés, si c'est possible, qu'ils ne le sont déjà. Après, il faut bien démonter les tentes, les ranger mouillées (en attendant de les déballer ce soir pour les faire sécher, argh...), regroupe les affaires. Et puis, le lieu est sympa, mais la forêt est un peu éloignée de la route, donc ça prend pas mal de temps de tout rapporter à la voiture. Finalement, tout a été bouclé, la voiture chargée, et la tribu rejoint à pied la gare RER de Saint-Rémy-lès-Chevreuse. Dans le RER, Olivier et Clémence (comme il faut que quelqu'un conduise la voiture, je ne suis pas avec le reste de la tribu) relativisent avec les jeunes. Ils rebondissent sur une remarque : « À part manger, dormir et aller à la messe, on n'a pas fait grand chose ce week end » et expliquent que le temps peu clément avec nous a été un frein à ce qui était prévu. Globalement, les jeunes ont quand même été contents de ce week end, et ils ont compris que ce week end ne se résumait pas à « manger, dormir et aller à la messe », le but a donc été atteint. En espérant que le prochain week end, en février, sera moins mouillé (par contre, il fera sans doute plus froid).